• Print
  • Decrease text size
  • Reset text size
  • Larger text size
23/02/2018

Agir contre l’absentéisme : un sujet clé pour le retail

L’absentéisme est un enjeu crucial pour le secteur de la distribution dont le bon fonctionnement repose pour une part essentielle sur l’engagement des salariés. Pourtant, alors que le phénomène confirme sa hausse ces dernières années, les Directeurs des Ressources Humaines (DRH) ne s’en sont pas encore complètement emparés. A l’heure d’inverser la tendance, et même si la gestion de l’absentéisme peut se révéler complexe par bien des aspects, les opportunités qu’elle implique doivent effacer les doutes et permettre de changer durablement les mentalités ! Des plans d’action adaptés doivent être déployés pour répondre à un enjeu de taille : garder sous contrôle les impacts de l’absentéisme aux niveaux humain, organisationnel et financier.

Un coût non négligeable pour le retail

En 2015, le taux d’absentéisme a atteint 4,30% pour le secteur du commerce selon Ayming, un poids considérable dès lors que les enseignes de la grande distribution emploient, à elles seules, plus de 2,6 millions d’actifs en France. Carrefour se revendique ainsi comme le premier employeur privé de France. Dans un secteur pilotant rigoureusement ses frais de personnel, l’absentéisme a des impacts directs sur l’activité avec plus de 1 500 000 journées de travail perdues par an pour cause d’arrêt ou l’équivalent du fonctionnement de 14 hypermarchés et 130 supermarchés sur une année (source INRS). Les absences non prévues peuvent entraîner des ruptures en rayon soit une perte directe de chiffre d’affaires sans compter la dégradation de l’image du magasin.

 

C’est d’autant plus vrai que l’absentéisme s’auto-alimente. Sans traitement, le maintien des causes de l’absentéisme conduit à son renforcement, par effet boule de neige. Particulièrement dans un secteur comme le retail, l’absence d’un salarié est souvent compensée dans l’urgence par l’un de ses collègues ou son manager lui-même. Cela entraine, si la situation se poursuit, une démotivation des équipes notamment due à une surcharge – non anticipée – de travail.

 

Que ce soit en coût direct (salaire) ou indirect (gestion, remplacement, dysfonctionnements organisationnels, perte de productivité, coûts sociaux…), le coût de l’absentéisme est élevé et doit être maitrisé.

 

Un phénomène difficile à endiguer

Malgré une amélioration notable des conditions de travail durant la dernière décennie, l’activité de   distribution demeure exigeante, induisant une nette augmentation du nombre de maladies professionnelles (+63% en 3 ans pour la grande distribution). Afin de répondre aux besoins de leurs clients, les magasins doivent fonctionner sur des amplitudes horaires très importantes et subir des périodes de pics d’activité nécessitant quelque fois la mise en place de travail de nuit. Manutentions et port de charges lourdes, gestes répétitifs à cadence élevée, position debout ou piétinement, travail de nuit sur certains postes, contacts avec le public, gestion des interactions avec une clientèle de plus en plus exigeante et versatile sont autant de risques professionnels auxquels sont exposés les employés.

Les entreprises peinent à infléchir la courbe de l’absentéisme. D’après l’étude RSE 2016 de Sia Partners, 75% des 16 entreprises communiquant cet indicateur depuis 2011 ont vu leur taux d’absentéisme augmenter entre 2014 et 2015. Plusieurs raisons peuvent être mises en causes pour expliquer cette hausse :

•             Des actions de prévention ponctuelles ou locales, souvent par manque de budget ou de temps à y consacrer.

•             Des objectifs fixés mais davantage orientés vers des gains immédiats en termes de chiffre d’affaires et de gestion court terme de la masse salariale (gestion des heures supplémentaires par exemple) masquant également l’intérêt plus long-terme d’une baisse de l’absentéisme. 

•             Des évolutions organisationnelles parfois vécues comme anxiogènes car supposant une refonte de l’organisation du travail en place et une évolution de pratiques fortement ancrées au sein des magasins

•             Des actions se concentrant davantage sur une gestion a posteriori de l’absentéisme que sur sa prévention.

 

Et pourtant, c’est une opportunité à saisir !

L’absentéisme n’est pas une fatalité. Dans un cas sur deux, il est lié à l’organisation du travail : il existe donc des leviers efficaces à mettre en œuvre. Dans une stratégie plaçant l’absentéisme comme indicateur-clé de la QVT, il se doit d’être au cœur de l’action RH. Et les entreprises l’ont bien compris, comme en témoigne par exemple l’ouverture de plus en plus forte des entreprises de la grande distribution à l’ensemble des sujets de Santé au Travail.

 

Les facteurs-clés de succès sont identifiables et accessibles. Au regard des nombreuses interventions de Sia Partners, il est clair que le succès de ce type de démarche dépend de certains facteurs incontournables.

•             Caractériser « son » absentéisme. Chaque entreprise doit dresser le diagnostic quantitatif et qualitatif le plus précis possible, afin d’agir de façon adaptée mais surtout de garantir le meilleur retour sur investissement des actions mises en œuvre.

•             Enclencher le changement de vision et amorcer le développement global de la Qualité de Vie au Travail. C’est la condition pour dépasser l’approche par le symptôme et agir à la source sur les causes de l’absentéisme, en développant une analyse globale et multifactorielle : organisation du travail, conditions de travail, management, épanouissement dans la fonction, conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle, caractéristiques des populations au travail, culture de l’établissement, conjoncture…

•             Entrer dans une dimension participative. Parce que l’absentéisme est le sujet de tous, il est essentiel de croiser les visions de l’ensemble des acteurs impliqués (DRH, Médecine du travail, CHSCT, encadrement, collaborateurs…). La pertinence de la mise en œuvre effective du plan d’action passe par sa co-construction avec ses futurs porteurs en magasin et en entrepôt.

•             S’appuyer sur une multiplicité d’actions : court terme / long terme, pour ventiler les résultats ; sièges/ magasins, pour miser sur la transversalité et la réponse aux problématiques ciblées ; préventives / curatives, pour agir en amont sur les causes et les symptômes.

 

Elaboration d’un plan d’action absentéisme : exemple de démarche [Source : Sia Partners]

 

Concernant l’absentéisme, il est désormais indispensable de mettre en œuvre des plans d’actions volontaires. Une belle opportunité pour les enseignes de démontrer l’efficacité de leur politique et la prise en compte du bien-être de leurs salariés !

 

 

Agir contre l’absentéisme : un sujet clé pour le retail

 

0 commentaire
Poster un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères affichés dans l'image.
Back to Top