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12/03/2020

Élections municipales 2020 : La vidéo intelligente pour des villes plus sûres et plus propres

Paris dispose déjà d'un réseau de 1400 caméras - ce chiffre n'incluant pas celles installées dans les transports publics. Le maillage de la ville peut donc être jugé comme correct. Il est certes possible de densifier ce maillage, mais l'impact sur la sécurité se joue plutôt sur l'exploitation en temps réel de ces images. Cela peut être fait soit grâce à l'augmentation des effectifs de vidéo patrouilleurs, soit par l'utilisation d'algorithmes d'intelligence artificielle. Des IA sont aujourd'hui justement "spécialisées" sur la détection des cas de violences (physiques, sexuelles, vols, destructions, dégradations..).

Le recours à la vidéoprotection par les pouvoirs publics se répand rapidement pour répondre à la demande croissante d’infrastructures pour la protection des biens et des personnes. À la veille des élections municipales, dans un contexte où la sécurité publique et la propreté sont un enjeu majeur pour beaucoup de villes françaises, la vidéoprotection est au cœur des débats.

Avec plus de 1 400 caméras de vidéoprotection[1], Paris se place à la 9e place des villes européennes les plus vidéoprotégées. En 10 ans, la ville de Paris a augmenté son nombre de caméras de 75%[2]. La hausse de la délinquance et de la criminalité ainsi que la baisse du coût du matériel ont accéléré cette évolution.

La sécurité et la propreté sont deux thèmes de prédilection pour les candidats aux élections municipales des grandes villes françaises. Les systèmes de vidéoprotection sont un moyen efficace de collecter, de surveiller et d'analyser les informations pouvant aider à assurer la sécurité du public, à prévenir et détecter la délinquance et la criminalité, mais aussi à offrir aux citoyens une ville plus propre. Mais encore faut-il que ces systèmes de vidéoprotection ne soient pas uniquement des outils de report d’image, mais de réels systèmes intelligents capables d’anticiper des évènements pour permettre une réaction plus efficace. 

De nouvelles technologies fondées sur la vidéo commencent à être disponibles pour aider les municipalités à lutter plus efficacement contre les incivilités ainsi que la criminalité. Les avancées technologiques rapides, tant dans les caméras elles-mêmes que dans les capacités numériques plus larges, ouvrent de nouvelles voies pour la vidéoprotection dans les villes.

Alors que les villes du monde entier se préparent à devenir des villes intelligentes (Smart Cities), la marche à suivre pour devenir une ville sûre et propre est encore quelque peu incertaine. Dans cette quête vers les Smart Cities, il n’est pas suffisant d'améliorer simplement la vie urbaine par une meilleure durabilité avec des systèmes intelligents permettant une meilleure gestion de l’énergie, des flux de circulation ou des déchets, etc. : les villes doivent également inclure des scénarios où il devient possible de détecter automatiquement des agressions (bagarres, rixes, mouvements de foule…), des dépôts sauvages ou encore des actes de vente illicite (ventes à la sauvette, stupéfiants…). La vidéo intelligente est la solution : elle est la brique qui a le potentiel de transformer une ville en une ville intelligente plus sûre et plus propre.

En termes simples, la vidéo intelligente peut être définie comme la mise en place d’algorithmes d’intelligence artificielle (IA) au sein d’un réseau de vidéoprotection existant ou non. Des algorithmes de vidéo intelligente analysent les flux issus des caméras pour remonter des alertes aux autorités compétentes, ces dernières pouvant alors intervenir pour envoyer une équipe sur le terrain en fonction du besoin. C’est une partie intégrante de la construction d’une commune intelligente et un moyen pour les municipalités d’exploiter les données dont elles disposent pour mettre un terme à la criminalité et pour renforcer la sécurité et la propreté.

 

Mais pourquoi la vidéo intelligente ?

La généralisation des systèmes de vidéoprotection dans les villes entraîne une production massive de données. Ces dernières sont aujourd’hui exploitées au minimum. En effet, la vidéoprotection permet une dissuasion des incivilités et est un outil majeur d’investigation à la suite d’un événement. Le nombre d’opérateurs étant limité, il est aujourd’hui très difficile de détecter en amont ou en temps réel ces évènements (agression, vol, vente illicite …). De nombreuses études ont également démontré que 95%[3] des incidents sont susceptibles d'être manqués par les opérateurs vidéo. Cela soulève des questions sur le véritable retour sur investissement de la vidéoprotection en tant que solution de sécurité publique. La vidéo intelligente est un moyen de pallier cela : en analysant 100% des flux vidéo issus des caméras de vidéoprotection, elle dote les systèmes existants d’une efficacité qu’il serait impossible d’atteindre uniquement avec des moyens humains. 

Pour améliorer l’efficacité de la vidéoprotection, il est envisageable de couvrir à 100% les municipalités en caméras : cela engendrerait cependant des coûts faramineux sans pour autant faire diminuer significativement le taux d’incivilité urbaine.

La vidéo intelligente est une solution bien plus astucieuse : par sa capacité à pouvoir s’intégrer à un système déjà existant, elle augmente l’efficacité opérationnelle de la vidéoprotection ; et ce sans nécessairement investir dans un maillage plus fin de caméras pour une ville présentant un réseau vidéo déjà dense.

Pour ce faire, les villes doivent réfléchir à la stratégie à mettre en place pour rendre intelligent leur réseau de vidéoprotection : après avoir réalisé une analyse de leurs besoins de détection, il leur est ensuite possible d’injecter des algorithmes de vidéo intelligente correspondant à ces besoins sur les caméras les plus adaptées de leur réseau. 

 

La vidéo intelligente à Paris, concrètement ça donnerait quoi ? 

Le cas d’usage suivant propose une stratégie d’implémentation de systèmes de vidéo intelligente en fonction des incivilités mesurées dans la ville de Paris.

Les incivilités à Paris

Afin de pouvoir modéliser un réseau de vidéo intelligente, il convient de cartographier les endroits et quartiers où ont lieu les différentes incivilités. Des statistiques sur les incivilités ayant eu lieu à Paris entre 2016 et 2017 et publiées par l’Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales ont permis d’établir les cartographies ci-après. Les principales incivilités que subissent les Parisiens sont les suivantes : 

-       les atteintes aux personnes : elles concernent les violences physiques crapuleuses et les violences physiques non crapuleuses ainsi que les violences sexuelles et représentent 16% des faits constatés à Paris en 2017. [4]En voici les cartographies : 

-       les atteintes aux biens : elles concernent les infractions de vols (vols simples contre les particuliers, cambriolage, vols d’automobiles) et les infractions de destructions et de dégradations. Cela représente 78% des faits constatés à Paris en 2017. [5] En voici les cartographies :